Henri
HADERLE
Adieu mon camarade,
La nouvelle qui me parvint par le truchement de Pierre HILLER, m’annonçant que
tu viens de nous tirer ta révérence me bouleverse. Devant la feuille blanche,
j’ai beaucoup de mal à trouver les mots pour dire toute ma tristesse mais aussi
celle de toute la communauté Dalatoise à qui tu appartiens en général et plus
particulièrement à tes amis de la promo 1954/1955, ceux qu’on appelle « Bobillot
». Tous les mots du monde ne peuvent traduire notre peine. Dire que toutes nos
pensées vont aujourd’hui vers ton épouse Chantal et toute ta petite famille,
c’est bien peu, mais bien sincères. En tous cas sache, Chantal que tous les
Dalatois, auront toujours pour toi une écoute attentive. Je ne peux oublier
un certain jour de l’année 1957, moi rejoignant l’Algérie et toi le camp de
sainte Marthe, nous nous sommes croisés sur le port de Marseille. Nous avons
pu déjeuner ensemble, Dieu, que cette bouillabaisse était bonne ! Bien des années
après, exactement quarante cinq ans, nous nous sommes revus en 2002 au repas
des Dalatois à Paris, c’est là que j’ai eu le plaisir de connaître Chantal ton
épouse et ton fils Sébastien. On s’était promis de se revoir à Perpignan, les
ennuis de santé t’en ont empêché, mais ce n’était que partie remise, croyons-nous
! Le bon Dieu en a décidé autrement ! Il ne nous a pas permis de passer un bon
temps ensemble pour parler de nos souvenirs d’antan. Je reste seul aujourd’hui
avec mes nostalgies et le goût amer de la frustration. Il est difficile de ne
pas avoir un sentiment de révolte, même contre l’inévitable. Nous savons, que
nous ne sommes pas immortels, et pourtant, quelque part nous pensons toujours
que cela n’est pas juste !… Si je te dis Henri que j’ai gardé en mémoire, ton
air nonchalant et tes capacités physiques, qui étaient nettement au-dessus de
la moyenne, à déplacer les poids et haltères quand nous étions encore des gamins
à l’école, m’ont toujours époustouflé. Intérieurement j’ai admiré ta force tranquille,
je te voyais comme un chêne indestructif. Voilà pourquoi j’ai du mal à admettre
ce coup du sort. Henri de là haut, au ciel, parce qu’il existe pour tous les
croyants du monde, veilles sur tous ceux qui te sont chers, à ta famille, à
tes proches et à nous, tes « potes » des jours difficiles, ils sont là tes amis
Dalatois et tes camarades de promo. Nous sommes une communauté qui cultive le
souvenir, je crois dans le culte des Anciens. Car il est dit : Ne disparaissent
que ceux que l’on oublie ! Je crois en un Dieu de miséricorde, dans sa bonté
et dans sa sagesse qu’il t’accueille en sa sainte garde, aujourd’hui et pour
toujours !
Henri
ton souvenir restera dans nos cœurs!
Avec moi, tous les dalatois te disent au revoir cher compagnon des jeunes années.
Antoine MARCEL (54/55)
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